« Fouzia, j'aimerais tellement me former, mais là, je n'ai pas le budget. » Cette phrase, je l'entends presque à chaque premier rendez-vous. Et presque à chaque fois, ma réponse est la même : avant de parler budget, regardons qui peut payer à votre place.
Parce que oui, vous cotisez pour la formation professionnelle. Indépendante, dirigeante de TPE, micro-entrepreneuse : selon votre statut, une partie ou la totalité de votre formation peut être prise en charge. Encore faut-il frapper à la bonne porte, et dans le bon ordre.
Je vous explique comment vous y retrouver.
Tout part de votre statut
Chaque actif cotise pour la formation professionnelle, et c'est la façon dont vous cotisez qui décide de votre financeur. Le même projet de formation ne passe donc pas par le même guichet pour une salariée, un artisan ou une consultante en libéral.
Avant de faire quoi que ce soit, gardez sous la main trois informations : votre statut juridique, votre code NAF, et l'organisme où vous êtes immatriculée (registre du commerce, répertoire des métiers, ou URSSAF pour les professions libérales). Avec ça, on sait déjà vers qui se tourner.
Vous êtes indépendante : votre fonds d'assurance formation
Les travailleurs non salariés dépendent d'un fonds d'assurance formation, qu'on appelle souvent FAF. Il y en a plusieurs, et le vôtre dépend de votre activité :
- L'AGEFICE, pour les dirigeants non salariés du commerce, de l'industrie et des services. Site officiel : agefice.fr.
- Le FIF PL, pour les professions libérales : consultantes, coachs, formatrices, thérapeutes, selon le code NAF. Site officiel : fifpl.fr.
- Le FAFCEA, pour les artisans immatriculés au répertoire des métiers. Site officiel : fafcea.com.
Chaque fonds publie ses critères et ses plafonds de prise en charge chaque année, et ils bougent souvent. Mon conseil : vérifiez toujours la version de l'année en cours sur le site du fonds, pas sur un vieux forum.
Le piège numéro un, celui qui fait capoter le plus de dossiers : pour être prise en charge, vous devez être à jour de votre contribution à la formation professionnelle. Les micro-entrepreneuses la paient sur le chiffre d'affaires déclaré. Pas de chiffre d'affaires déclaré, pas de contribution, et donc pas de droits auprès du fonds.
Vous êtes salariée ou dirigeante assimilée salariée : côté OPCO
Si vous êtes salariée, la formation peut passer par le plan de développement des compétences de votre employeur, avec l'appui de l'OPCO de votre branche. C'est l'opérateur de compétences qui étudie les demandes.
Si vous êtes dirigeante assimilée salariée, par exemple présidente de SAS avec une rémunération, c'est plus subtil : tout dépend de votre OPCO et de votre statut exact, et les règles changent d'un OPCO à l'autre. On le vérifie au cas par cas, avant de déposer quoi que ce soit.
Le CPF : vos droits à vous, mais pas pour n'importe quelle formation
Votre compte personnel de formation se consulte sur le site officiel moncompteformation.gouv.fr. Salariée ou indépendante, vous y accumulez des droits au fil de votre activité.
Deux choses à savoir avant de compter dessus :
- La formation doit être certifiante, c'est-à-dire enregistrée à France Compétences, au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ou au répertoire spécifique (RS). Une formation non certifiante ne se paie pas avec le CPF.
- Une petite participation reste à votre charge, sauf exceptions, notamment pour les demandeurs d'emploi. Son montant est revu chaque année ; il est indiqué sur service-public.fr et au moment de la commande sur Mon Compte Formation.
Chez Formation Boost, c'est le cas de notre pilier management, qui prépare à la certification RS6931 enregistrée à France Compétences.
Vous cherchez un emploi : France Travail peut compléter
Si vous êtes inscrite à France Travail, l'aide individuelle à la formation peut financer tout ou partie d'une formation, en plus de vos droits CPF. C'est votre conseiller qui la valide, après avoir vérifié que la formation colle à votre projet. Alors parlez-lui de votre projet avant de vous inscrire, pas après.
Les trois erreurs que je vois le plus souvent
- Déposer la demande trop tard. En règle générale, la demande de prise en charge se fait avant le début de la formation, et chaque financeur a son propre délai. Vérifiez-le dès que vous avez un devis entre les mains.
- Se tromper de financeur. Une demande envoyée au mauvais fonds n'est pas transférée au bon : elle est refusée. Et le temps perdu peut vous faire rater votre date de démarrage.
- Oublier une pièce. Attestation de contribution, devis, programme, convention : un dossier incomplet est mis en attente, ou refusé. Rassemblez tout avant de déposer, ça vous évitera bien des allers-retours.
Chez nous, vous ne faites pas ça seule
Monter le dossier fait partie de l'accompagnement. Pendant le diagnostic, on regarde ensemble quel dispositif correspond à votre statut, on vérifie vos droits, puis on prépare le devis et le programme dont votre financeur a besoin. Vous gardez l'énergie pour votre formation, pas pour la paperasse. Tout le détail est sur notre page financement.